Vincent Berhault

Dans le prolongement d’une formation universitaire en Anthropologie et au détour de divers voyages dont une longue immersion en Turquie, je découvre la jonglerie puis progressivement la notion d’écriture circassienne. Prouesses, exploration de la sensibilité mais aussi construction composite à partir du vivant, l’identité de cet art est en pleine mutation et je deviens acteur de cette aventure exaltante.

Témoin depuis 20 ans de l’effervescence des appellations : cirque de création, contemporain, nouveau, je trouve particulièrement ma place dans le registre « des nouvelles écritures ».

Avec le Cirque Romanès Tzigane tout en faisant mes débuts sur la scène je prolonge un certain voyage. Je poursuis dans le même temps des expériences avec des musiciens, des comédiens, et des danseurs contemporains.

Je deviens auteur, metteur en scène et interprète de ma première création « La Veste » qui sera plébiscitée lors de la première édition du dispositif Jeunes Talents de Cirque en 2002. Je fonde alors la Cie Les Singuliers afin de produire mes propres projets en collaboration avec des artistes venant d’horizon variés.

Pour « La Veste » je reçois le soutien de la Ville de Paris et du Parc de la Villette. Cette création sera suivie d’une tournée en France et à l’étranger.

En 2005 je mets en scène et coécris avec le batteur de jazz, François Merville, le spectacle « Bat-Jong ».

De 2007 à 2009 J’ai été artiste associé à la Maison des métallos, établissement culturel de la Mairie de Paris. Turcophone passionné j’y développe un partenariat culturel avec la Turquie. C’est ainsi qu’en collaboration avec la metteure en scène, Ilka Madache, j’entame un travail transnational de recherche et d’écriture entre la France et la Turquie.

Dans ce contexte elle met en scène et nous coécrivons, fin 2007, le solo « Hodja » puis fin 2009 le duo « J’attends mes loukoums chez le kuaför », avec un comédien turc d’Istanbul, Güray Dinçol. En 2010, répondant à une commande du Centre Culturel français d’Istanbul, nous produisons « Babel Paradoks » un cabaret multidisciplinaire avec 6 artistes de la scène stambouliote.

Depuis 2009 j’évolue également dans l’espace urbain, en particulier lorsque j’endosse le costume de l’Homme Sampleur, un personnage déambulatoire à la fois cyber-crieur et collecteur de déchets sonores.

Cette performance mêlant multimédia et arts de la rue donne l’occasion au jongleur de devenir manipulateur de sons.

En 2010-2011 je suis, avec la Cie Les Singuliers, accueilli en résidence dans la ville de Bagnolet avec le soutien du Conseil Général de Seine Saint Denis. Dans ce contexte je noue des relations étroites avec La Lutherie Urbaine et organise dans leur lieu des soirées « Carte Blanche » où musiciens, circassiens et comédiens se rencontrent autour de la lutherie issue de matériaux de récupération.

Passionné par la géopolitique je reprends en 2012-2013 des études de Relations Internationales, je soutiens un mémoire sur la politique étrangère turque et obtiens un master 2 de l’IRIS (Institut de Relations Internationales et Stratégiques).

En 2014, la nouvelle création « Babillages », mise en scène par Ilka Madache, est une pièce pour le très jeune public traitant de la communication non-verbale. Produite en février 2014 elle a été jouée plus de 80 fois en France ainsi qu’en Algérie.

Je conduis également des actions culturelles et pédagogiques auprès de publics extrêmement variés de la petite enfance aux adultes et des amateurs aux professionnels : Académie Fratellini, ENACR de Rosny sous Bois, Centre Jean Houdremont à la Courneuve, partenariat avec le Centre Culturel Français d’Istanbul pour développer un projet européen de sensibilisation aux arts du cirque…

Je mène également de nombreuses interventions en maison d’Arrêt ou avec des personnes « sous main de justice » en milieu ouvert.

Je travaille depuis 2015 sur l’écriture et à la mise en scène du projet « Entre » qui a été créé en novembre 2017 au Théâtre d’Arles. Les artistes au plateau sont : Barthélémy Goutet, Toma Roche, Benjamin Colin, Xavier Kim et Grégory Kamoun et la création lumière est signée Benoit Aubry.

 

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